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Social Business: un modèle plus digeste pour Danone

franck-riboud-danone.jpgFranck Riboud n’est pas de ceux que la crise effraie. A grands renforts de communication, il prône la réconciliation des pratiques économiques et sociales dans un nouvel « ecosystème », et se lance dans des projets liés au développement de l’ISR. Photo © Danone

A une époque lointaine (2001), les salariés de Danone avaient créé une publicité fâcheuse autour du géant alimentaire. En représailles de la fermeture d’une usine de fabrication de Petit Lu dans le nord de la France, le site «jeboycottedanone.com » incitait à ne plus consommer Badoit et autres Taillefine. Mais ce temps là est oublié. Aujourd’hui, le dirigeant a redoré son blason, et prend la pose avec Zinedine Zidane ou Muhammad Yunus pour le plus grand bonheur de ses actionnaires.

Social business : une « troisième voie » économique

Depuis quelques années, Franck Riboud tente de développer un autre modèle de business, qui n’est pas sans rappeler des airs du tiers secteur et de l’économie solidaire. Ce « social business » ou entrepreneuriat social, théorisé par Muhammad Yunus dans son dernier ouvrage, a pour vocation de répondre à des objectifs sociaux. Entre libéralisme et étatisme, cette « troisième voie » économique fait écho à des tentatives de nouveaux modèles de business, restés en marge de l’économie de marché jusqu’à présents.

Dans une interview accordée au journal Le Monde le 03 mars dernier, Franck Riboud appelle plus largement à un renouveau du rôle de l’entreprise dans notre société. Selon lui, l’entreprise ne peut plus faire l’impasse sur ses liens avec les autres « parties prenantes », ses fournisseurs, ses salariés, ses clients, les territoires dans lesquels elle opère: « tous participent pourtant au processus de création de richesse, et certains peuvent avoir le sentiment que leurs intérêts sont parfois ignorés. »

L’exemple de Danone communities

Vraie stratégie marketing ou question de bon sens, Franck Riboud mène sa communication tambour battant autour de ses nouveaux projets. Après la création d’une usine de yaourts à bas prix aux Bangladesh en partenariat avec le Nobel d’économie Muhammad Yunus,  il sort en décembre dernier un « fonds d’investissement pour le business social », Danone Communities.

A l’origine du projet, le combat contre la malnutrition et pour la création d’emplois durables pour les plus pauvres. Concrètement, le fonds Danone.communities prend une participation au capital de l’entreprise Grameen Danone Foods. A travers la SICAV danone.communities, gérée par I.DE.A.M (filiale du Crédit Agricole), la participation financière à ce projet est désormais ouverte au plus grand nombre.

D’après le site dédié à danone.communities, « la sicav s’appuie sur un investissement minimum de 90% dans des instruments de taux monétaires et/ou obligataires ISR (Investissement Socialement Responsable) et détient, à hauteur maximum de 10% de son actif, des parts du FCPR danone.communities qui a vocation à prendre des participations dans des structures locales telles que Grameen Danone Foods. »
A l’image de la Grameen Danone Foods, d’autres entreprises du social business seront peut être tentées à l’avenir de s’adosser au mastodonte des produits frais pour déployer leurs projets.


Publié le 10/03/2009    Imprimer ce contenu    Envoyer cet article par email

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