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Les patrons de banque renonceront-ils à leur bonus ?

375 000 euros et 2,27 millions d’euros à la trappe: pas de bonus cette année pour Michel Pébereau et Baudouin Prot, respectivement président et directeur général de la BNP. S’ils veulent toucher en partie l’enveloppe de 10,5 milliards d’€ promise par le président fin mars 2009, les autres patrons des grandes banques françaises devront s’aligner.

Mais pour le moment, les bonnes volontés sont rares à se faire entendre. Aucune loi ne les y oblige, mais cette condition a été formellement rappelée par la ministre de l’économie et des finances, Christine Lagarde, la semaine dernière.

La polémique serait d’autant plus couteuse en termes d’image que 6 grandes banques françaises ont déjà touché une somme conséquente en décembre dernier (10,5 milliards d’euros), pour faire face à la crise. Parmi elles, le Crédit Agricole, BNP Paribas, la Société Générale, le Crédit Mutuel, la Caisse d’Epargne et la Banque Populaire.

L’opinion publique doit se prononcer

C’est à l’opinion publique que les dirigeants seront confrontés, s’ils ne remplissent pas ce contrat de « renoncement moral» à leur prime 2008. Cette conduite est en effet devenue une question de société : comment des banques, soit-disant en pleine tourmente, obligées de licencier et ayant perdu des milliards entre la crise financière et les détournements de Madoff, peuvent-elles encore offrir à leurs dirigeants l’équivalent de plusieurs siècles de SMIC en un an ? Pour ménager l’opinion, le gouvernement ne s’interdira pas de pointer du doigt les banques les moins coopératives.

Pour rappel, les principes du développement durable auxquels consentent la plupart des banques françaises comportent aussi une part de responsabilité et de transparence en termes de rémunérations des dirigeants. Récemment, le MEDEF a instauré une charte limitant les déclenchements de parachutes dorés ainsi que leur montant (fixé à deux ans maximum de salaire). Cependant, son adoption reste intégralement bénévole, et le gouvernement n’a légiféré sur aucune mesure «éthique » sur le sujet à ce jour.


Publié le 19/01/2009    Imprimer ce contenu    Envoyer cet article par email

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