Amendement Marini annulé: spéculer n’est pas jouer
Projet à peine né, déjà enterré
Le rapporteur UMP de la commission des finances du Sénat, Philippe Marini, n’aura pas eu l’occasion de faire voter un projet qui était mal parti. En proposant lundi que les petits porteurs puissent déduire de leur imposition 2009 les pertes dues à la vente de leurs titres boursiers, Marini s’est attiré notamment les foudres du premier ministre F. Fillon. Il a retiré sa proposition mardi.
Les souscripteurs d’assurance vie non concernés
Pas de regret pour les souscripteurs d’assurance-vie directement investis sur ces marchés. Les contrats libellés partiellement ou en totalité sur des unités de comptes (c’est-à-dire sur des titres boursiers) n’étaient pas concernés par la proposition.
Il faut tout de même nuancer la portée de la proposition: les petits porteurs n’ont pas non plus tous vendu massivement leurs titres depuis le début de l’année. Alors que 52% du patrimoine financier des français est placé sur une majorité de titres boursiers, les épargnants n’ont pas joué les aventuriers. Ils ont plutôt fait le dos rond et conservé leurs titres en attendant des jours meilleurs.
Bienfaits ou malheurs de la bourse: le débat ressurgit
A en croire les nombreuses réactions sur les sites d’information depuis lundi, la pilule avait du mal à passer auprès des internautes. Il est fréquemment admis que “jouer” en bourse comporte une part de risque naturelle, et il n’est pas bien vu que des “spéculateurs en herbe” puissent demander réparation.
Idéalement, le débat pourrait déboucher sur une information claire sur le rôle de la bourse dans notre économie. Une vraie remise à niveau s’impose, d’autant que 73% des français pense que l’information économique n’est « ni accessible, ni compréhensible »(TNS Sofres)…
Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La bourse n’est pas que lieu de spéculation malsaine. N’oublions pas trop vite que des milliers d’entreprises vivent aussi des sommes investies par les particuliers, qui, si elles devaient cesser d’affluer demain, provoqueraient des désastres économiques. La bourse comme circuit de financement des entreprises vertueuses est aussi une solution. C’est le sujet d’un article publié sur consommer durable par J’Epargne Utile le 24/11/08.
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