Consommation responsable : les épargnants veulent du concret !
Présentation de l’étude Ethicity sur les attentes des consommateurs responsables, menée en février et mars 2010 auprès d’un panel de 4373 français. Une enquête menée en collaboration avec Aegis Media Expert et en partenariat avec l’ADEME.
Les français sont prêts à consommer responsable, mais pas à n’importe quel prix
En matière de consommation durable, les Français veulent des preuves, du concret et de la proximité ! S’ils expriment à nouveau leur volonté de changement, ils souhaitent une information plus claire. Dans un contexte de crise économique, leur méfiance quant à la capacité des acteurs (entreprises, politiques, etc.) à agir sur des enjeux qui les dépassent (réchauffement climatique) s’exprime à travers un sentiment d’impuissance.
Malgré tout, 20% des Français sont toujours mobilisés en matière de consom’action, un chiffre stable depuis 2004.
Une volonté de changement et des comportements qui évoluent.
Malgré un certain pessimisme lié à un contexte de crise économique, les Français croient toujours à une consommation plus responsable:
- ¾ des Français (-6 points vs 2009) considèrent toujours le développement durable comme une nécessité,
- 60% (-9 points vs 2009) déclarent avoir changé leur comportement en faveur du développement durable en 2009,
- ils sont 47% à déclarer avoir opté pour une consommation plus éthique en 2009, en remplaçant certains produits par des produits durables ou en privilégiant tout simplement ces derniers,
- même s’ils représentent encore une minorité, de plus en plus de Français se déclarent prêts à développer de nouveaux modes d’échanges, comme louer, acheter et utiliser certains biens à plusieurs. Par exemple, 36% (+4 points vs 2009) disent être en mesure d’acheter et d’utiliser à plusieurs des outils de bricolages et de jardinage.
Des preuves, du concret et de la proximité !
Les Français affichent leur méfiance envers le discours développement durable:
- 54% d’entre eux déclarent être méfiants sur le discours des marques et des entreprises en matière de développement durable,
- 53% des Français pensent qu’il y a trop de messages publicitaires sur la consommation durable,
- 43% d’entre eux vont jusqu’à ne plus supporter les messages des marques sur l’environnement, un constat particulièrement marqué chez les seniors,
- 65% estiment qu’il y a trop de labels pour les produits durables ; cette profusion d’information tend à créer de la confusion,
- 62% disent ne pas pouvoir juger de la meilleure qualité des produits durables.
Les Français veulent une information plus claire
Des preuves de qualité : toujours considérés comme « plus chers » par 83% des Français, les produits de la consommation responsable ne sont pas estimés de meilleure qualité pour autant : seuls 27% considèrent que ces produits sont de meilleure qualité que les produits classiques. 45% déclarent qu’ils achèteraient davantage de produits durables s’ils avaient des preuves concrètes que ces produits sont de meilleure qualité.
De la transparence sur l’engagement social et environnemental des entreprises qui fabriquent ces produits pour 51% de nos concitoyens ; ¾ des personnes interrogées pensent que les entreprises ne leur donnent pas assez d’information sur les conditions de fabrication de leurs produits.
De la traçabilité : 53% déclarent vouloir des informations sur l’origine des matières premières sur les étiquettes des produits qu’ils achètent, 45% sur le lieu de fabrication et 48% sur leurs impacts en matière de biodiversité qui semble les toucher davantage que les enjeux de réchauffement climatique. En effet, 52% estiment que nos modes de vie et de consommation peuvent porter atteinte à la biodiversité et 30% déclarent être prêts à renoncer à certaines habitudes de consommation pour des raisons de préservation de la biodiversité.
Du local : Pour 26% des Français, un produit permettant de consommer de manière responsable doit être « fabriqué localement afin de favoriser le développement de l’emploi au niveau local ». Le local est identifié comme garant d’une éthique sous son aspect social (maintien des emplois en France) et d’une plus garnde proximité avec les acteurs.
Sceptiques face à la communication du « tout durable », les Français expriment un besoin d’informations concrètes, montrent du pragmatisme et évoluent dans leurs comportements. Ces observations s’articulent autour d’une attente d’exemplarité et des exigences accrues vis-à-vis des acteurs, des preuves de qualité des produits et un recentrage toujours plus fort vers l’individu : santé, coût, environnement local.
Une consommation plus réfléchie se dessine mais qui doit aussi répondre à une envie de liberté et de plaisir et d’une plus grande solidarité.
En matière d’épargne, une volonté de changement et des comportements qui évoluent.
Malgré un certain pessimisme lié à un contexte de crise économique, les Français croient toujours à une consommation plus responsable. On constate cette tendance parmi les épargnants.
• 3 Français sur 4 (-6 points vs 2009) considèrent toujours le développement durable comme une nécessité, une tendance légèrement accentuée constatée chez les épargnants, notamment chez les personnes épargnant entre 4000 et 30K€ (77.8% vs 70.7% pour la moyenne nationale)
• Les personnes qui s’intéressent aux nouveaux produits financiers marquent un intérêt particulier pour le DD et pour l’intégration de critères DD dans leur comportement d’achat. On constate une tendance croissante des comportements d’engagement :
o 61.8% considèrent que l’état de la planète les concerne
o 47.3% déclarent faire attention à ne pas acheter de marques produites par une entreprise dont ils réprouvent le comportement (+ 4 points par rapport à 2008) vs 31% pour la moyenne nationale
o 20.5% déclarent privilégier les marques qui ont une véritable éthique (-3 points par rapport à 2008) vs 11% pour la moyenne nationale
• Des comportements qui varient cependant selon le type d’épargnants (notamment selon les montants épargnés et le type de placement).
o 69% des personnes épargnant moins de 4000€ déclarent avoir changé de comportement pour le développement durable au cours des 12 derniers mois – vs 60% pour la moyenne nationale (un écart moins important pour les personnes épargnant de 30k€ à plus de 75k€ qui ne sont que 62%)
o Les personnes qui déclarent avoir l’intention d’ouvrir un Livret Développement Durable au cours des prochains mois sont plus intéressées par les problématiques éthiques et environnementales et sont 37.1% à penser que consommer de manière responsable, c’est consommer autrement (versus 30.6% parmi ceux qui souhaitent acheter des actions, des obligations)
o 60.2% des personnes qui déclarent avoir l’intention d’acheter des actions, des obligations considèrent que leur consommation responsable impacte l’économie de façon plus positive (dynamique des entreprises, emplois,..) – vs 42% de la moyenne nationale et 44% parmi ceux qui souhaitent ouvrir un livret DD.
Des preuves, de la transparence! Entre manque d’information et manque de confiance.
• Les Français affichent leur méfiance envers le discours développement durable sur les produits mais ils expriment également une volonté d’avoir plus d’informations:
• Parmi les personnes exprimant le besoin d’être mieux informées sur les produits bancaires
o 22,5% disent être tout à fait d’accord avec l’affirmation »Je n’ai pas confiance en la fiabilité de l’information sur les produits durables » (vs 13.7% pour la moyenne nationale)
o 60.1% pensent qu’il y a trop de messages publicitaires sur la consommation durable (vs 53% pour la moyenne nationale)
o 77% expriment également le besoin d’obtenir plus d’informations sur l’impact environnemental des produits achetés + 15 points par rapport à 2008 (vs 74% pour la moyenne nationale)
• Parmi les personnes se disant très intéressées par les publicités sur les produits financiers d’épargne, les banques et les compagnies d’assurance, ils sont une majorité (57%) à considérer qu’il y a une transparence sur l’engagement social et environnemental des entreprises proposant des produits durables (une tendance légèrement supérieure par rapport à la tendance nationale : 51%).
Quelques tendances :
• Parmi les épargnants, on remarque des tendances similaires, voire parfois accentuées, des français en matière de consommation responsable.
• Une relation à l’argent différente selon les pouvoirs d’achats.
• Des épargnants qui restent cependant à convaincre par plus de transparence, de preuves et d’informations pertinentes au regard de leurs attentes.
• Une segmentation nécessaire des clients afin d’adapter l’information qui leur est transmise et l’accompagnement qui est assuré, notamment en fonction des montants épargnés, des types de produits financiers achetés.
• Une articulation à trouver entre les intérêts individuels (bénéfices directs des produits : performance, sécurité, …) et les intérêts collectifs (ISR, solidarité, …).
Retrouvez ici la synthèse de l’étude:
http://www.ethicity.net/documents/conferences/Conso_resp/Synthese%20Etude%202010%20Ethicity.pdf
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1 commentaire
Commentaire de banque en ligne publié le 7/06/2010 à 9:28 :Je trouve cela assez peu que seulement 20% des Français soient mobilisés en terme de consom’action. De plus, l’article souligne bien que même les personnes souhaitant faire évoluer leur mode consommation ne savent pas toujours comment s’y prendre, ce qui tend à diminuer ce chiffre. C’est regrettable.





