Capital immatériel d’une entreprise: comment le mesurer ?
Selon plusieurs études, 75 à 90% de la capitalisation boursière des entreprises cotées est constituée d’actifs immatériels. Difficilement identifiables et quantifiables, ils ne sont généralement pas de nature physique. Comment en effet évaluer l’importance de l’attachement du consommateur à la marque, la fidélité des clients et des fournisseurs, l’environnement social ou naturel d’une entreprise. Cela signifie t-il que l’on ne connait la valeur réelle d’aucune entreprise ? Peut-on la mesurer concrètement, et comment ?
Les comptes sociaux ne donnent qu’une image réductrice en cas d’évaluation d’une entreprise. Pour en apprécier toute la richesse il est essentiel de savoir analyser son capital immatériel. Alan Fustec est Président de Goodwill-Management, docteur ingénieur agro ENSAR. Il a été précédemment président du directoire d’AEDIAN (groupe coté au second marché), et enseignant à HEC. Il a publié « Valoriser le capital immatériel de l’entreprise » avec Bernard Marois en 2006. Il répond à nos questions sur le capital immatériel.
Les actifs immatériels sont ils la source cachée de valeur des entreprises ?
Il faut savoir non seulement regarder les performances financières de l’entreprise, mais aussi quels atouts elle pourra jouer demain, face à la concurrence et dans un contexte changeant.Dans le capital immatériel, d’une entreprise, on retrouve :
•Le capital humain
•Le capital client
•L’organisation de l’entreprise
•Le système d’information
•Le capital de marque
•Le capital de savoir (brevets, secrets de fabrication, avantage concurrentiel des produits)
•Le capital fournisseurs/ partenaires
•L’environnement
•Le capital actionnaires »
Qu’est-ce que le PBR ?
On appelle Price to Book Ratio (PBR) le coefficient mesurant le rapport entre la capitalisation boursière et la valeur comptable de l’entreprise
A ce jour le PBR des indices comme le Standars et Poors 500 ou le CAC 40 est supérieur à 3. Ainsi, 2/3 de la valeur des entreprises ne se lisent pas dans les états financiers.
Notons au passage que c’est aussi vrai pour les entreprises industrielles que pour les entreprises du secteur tertiaire (par exemple le PBR de Glaxo est de 8,5 !)
Tout ceci nous montre que nous sommes entrés dans une économie immatérielle et que nos outils d’analyse doivent changer. Cependant, en aucun cas l’approche capital immatériel ne s’oppose aux méthodes de calcul traditionnel de la valeur des entreprises comme la méthode DCF (Discounted Cash Flows).
Le capital immatériel apporte en effet, un complément d’analyse essentiel : les cash flows futurs sont en grande partie générés par les actifs immatériels. Ainsi, plus les actifs immatériels d’une entreprise sont bons et moins son business plan est risqué.
Voir les autres épisodes de la SAGA “ISR et performance financière”
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