ISR et Performance financière: Episode 2
En 2007, les portefeuilles ISR ont globalement réalisé une meilleure performance relative par rapport à leur indice de référence que les fonds traditionnels en Europe.
Pour qui cherche un placement à moyen ou long terme (à partir de 4 ans), l’Investissement Socialement Responsable s’avère intéressant pour plusieurs raisons. En allongeant l’horizon de placement, il permet aux gérants de sélectionner des entreprises dans le respect des équilibres économiques, sociétaux et environnementaux. L’ISR privilégie alors la recherche de performance sur la durée. Et la prise en compte des risques financiers et extra financiers permet d’améliorer le couple rendement/risque pour un placement.
Lors d’une entrevue, les équipes de Natixis Asset Management nous ont apporté leur expertise sur les notions de rendement/risque, de gestion à long terme des placements (comme dans le cas d’une épargne retraite), et d’avenir pour l’ISR.
Le couple rendement/risque est-il optimisé dans l’ISR ?
Choisir des placements ISR, c’est vouloir donner un sens socialement responsable à son épargne mais c’est aussi viser sur le long terme une optimisation du couple rendement/risque. Les entreprises qui adoptent et mettent en œuvre une démarche de développement durable devraient logiquement connaître sur le long terme une croissance pérenne et équilibrée, se traduisant boursièrement par une performance accrue et une moindre volatilité. Ces entreprises, attentives à la qualité de leurs relations avec l’ensemble de leurs parties prenantes (employés, clients, fournisseurs, actionnaires, société civile) et respectueuses de l’environnement, devraient avoir, toutes choses égales par ailleurs, une performance économique supérieure et une meilleure maîtrise de leurs risques. Il en va de même pour les états souverains que les gérants ISR sélectionnent sur la base de leur performance globale - économique, environnementale et sociale - dans le but d’optimiser le couple rendement/risque à long terme.
Les clients intéressés par une épargne retraite peuvent-ils faire confiance à l’ISR ?
L’épargne destinée à la retraite étant appelée à rester immobilisée sur une longue durée, une gestion financière spécifique paraît indispensable. Or, à long terme, les critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) ont un impact significatif sur l’espérance de rendement et la volatilité d’un portefeuille. Derrière ce qui pourrait passer pour un effet de mode, apparaît une technique de gestion dont la finalité est de construire des placements sûrs, transparents grâce à une meilleure appréciation et sélection des risques et opportunités extra-financières. De ce fait, l’ISR devrait s’imposer comme l’un des outils de gestion des dispositifs d’épargne longue. Par ailleurs, en intégrant des règles d’investissement ISR dans les dispositifs de gestion financière d’épargne retraite, le futur retraité s’assure d’une meilleure optimisation du couple rendement/risque dans le cadre de la gestion de son épargne. C’est l’assurance que les investissements à long terme seront effectués dans le respect des équilibres économiques, sociétaux et environnementaux.
Les tendances sociétales vont-elles dans le sens de l’ISR ?
Depuis un an, la prise de conscience globale qui s’est notamment recentrée sur les questions environnementales avec par exemple les publications des rapports Stern, du Groupement d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat ou encore le Pacte écologique de Nicolas Hulot, a impulsé un changement durable des comportements. L’ISR est aujourd’hui mis en avant comme étant à la fois une réponse financière et un levier d’action à ces nouveaux enjeux exacerbés par la mondialisation de l’économie. La dernière réunion du G8 de juin 2007, la constitution en France d’un Ministère du Développement et de l’Aménagement Durables aux prérogatives élargies ou l’ouverture progressive des Etats-Unis sur les problèmes liés au changement climatique et aux émissions de CO2, ouvrent une voie positive et encourageante vers une redéfinition des modes de développement économique mondiaux. Cette nouvelle volonté politique, même si elle reste fragile et à démontrer par des prises de position concrètes et courageuses, fait écho d’une part aux efforts réalisés depuis quelques années par les groupes cotées sur la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux dans la conduite de leurs activités à travers le monde, d’autre part au travail de sensibilisation des ONG toujours très actives pour dynamiser encore plus les sphères économiques et politiques sur ces sujets.
Quels sont les produits ISR les plus prisés (fonds d’exclusion, Développement Durable, fonds thématiques)?
La demande sur le marché de l’ISR n’est pas uniforme.
Les fonds qui se sont développés correspondent à des catégories d’investisseurs qui revendiquent leurs propres aspirations voire leurs obligations à travers ces fonds. Le marché de l’ISR en France a été dynamisé depuis 2 ans par les gros institutionnels de type organismes de retraite qui ont privilégié dans leur cahier des charges une approche de type développement durable en « best-in-class » avec une sélection pragmatique et rationnelle des entreprises en portefeuille répondant à leur responsabilité fiduciaire. La clientèle entreprise via l’épargne salariale draine quant à elle plus les fonds solidaires, voire des fonds combinant approche de développement durable et vocation solidaire en raison de l’obligation édictée par la Loi Fillon(1) instaurant les PERCO.
Quant aux particuliers, ils restent une cible où l’effort d’information et de pédagogie sur les fonds ISR de la part des réseaux bancaires est réel. Cependant, on peut dire que les particuliers sont déjà plus sensibles à des approches spécialisées avec les fonds à thématique environnementale ou sociale qui leur sont plus facilement compréhensibles et répondent à leur souhait de concilier performance et engagement. Cette dernière génération de fonds est également attentivement regardée par les autres typologies de clientèle et pourraient connaître dans les deux prochaines années un fort développement.
(1) La Loi Fillon d’août 2003, transformant les PPESV (Plans Partenariaux d’Epargne Salariale Volontaire) en PERCO (Plan d’Epargne Retraite Collectif), a maintenu l’obligation de proposer au moins un Fonds Commun de Placement d’Entreprise d’épargne solidaire.
Retrouvez les fonds ISR et leurs performances en ligne
et les autres épisodes de la Saga de l’ISR:
3. Schneider Electric reste efficace dans l’énergie et la responsabilité
isrcourtage is
Envoyer un mail � l'auteur | Tous les billets de isrcourtage

