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La gestion ISR de Meeschaert, historique et moderne

Vous ne le savez pas forcément, mais la société Meeschaert est le pionnier des gestions éthiques en France, avec la création de son premier fonds éthique en 1983. Pour autant, ils ont su faire évoluer la gestion ISR avec son temps.

Interview accordée le 2/10/09

Comment se déroule la collaboration entre Meeschaert AM et ses partenaires, CCFD et Ethique et Investissement ?

Tous les mois, Meeschaert AM invite ses partenaires (Ethique & Investissement et le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) à un comité de gestion. Ces réunions mensuelles sont destinées à faire évoluer régulièrement le périmètre d’investissement éthique, c’est-à-dire la sélection des entreprises dans lesquelles les gérants des fonds éthiques peuvent investir. Pour cela,  une analyse sectorielle ou thématique est présentée à chaque rencontre. Les secteurs des médias et de la grande distribution, par exemple, ont récemment été traités. De même, des thématiques plus larges telles que le changement climatique ou l’évolution démographique ont fait l’objet d’études.
Au cours de ces réunions, l’un des analystes ISR de Meeschaert AM se charge de présenter les principaux enjeux qui caractérisent le secteur ou la thématique, ainsi que le profil ESG (Environnement, Social, Gouvernance) des entreprises concernées. Ces rencontres se veulent proactives : tous les participants apportent leur expérience pour nourrir le débat. A la fin de chaque réunion, un accord doit être trouvé sur la liste des entreprises qui peuvent intégrer le périmètre d’investissement éthique.
Parallèlement, notre équipe d’analystes ISR et de gérants sont régulièrement invités par nos partenaires, pour faire un compte-rendu détaillé de l’évolution de nos fonds éthiques, ou pour intervenir lors de journées d’information organisées par ces derniers.

Pour quelle entreprise Meeschaert a récemment exercé son droit de vote, et quelles résolutions phares avez-vous pu soutenir ?

Pour l’année 2009, Meeschaert AM a élargi son périmètre de vote à une centaine d’entreprises, parmi lesquelles figurent l’ensemble des sociétés du CAC 40 et de l’Eurostoxx 50. Afin de voter de façon éclairée et efficace, nous avons recours à la société de conseil Proxinvest, qui nous fournit des fiches détaillées sur les enjeux de chaque assemblée générale, résolution par résolution. Depuis le début de l’année, nous avons voté pour 1717 résolutions, dont 33% de votes contre.
Notre société a également participé à des coalitions d’actionnaires organisées par Phitrust, en vue de déposer des résolutions à l’ordre du jour des assemblées générales de Total, Sanofi-Aventis et Cap Gemini. Ces dépôts de résolutions demandaient de soumettre la rémunération du Président du conseil à l’approbation de l’assemblée. Malgré un soutien assez important  - plus de 0,5% du capital des entreprises concernées a pu être mobilisé - les conseils d’administration ont refusé d’inscrire cette résolution à leur ordre du jour. Cependant, cette initiative a permis de sensibiliser l’opinion sur cette revendication : faire voter en AG le salaire des présidents non exécutifs. 

D’après vous, quels arguments pourraient convaincre les particuliers à se convertir à l’ISR en 2010 ?

Au sein du monde financier, les impacts de la crise ne se sont pas uniquement limités aux acteurs institutionnels ; ils ont aussi provoqué une véritable onde de choc auprès des particuliers, dans leur démarche d’investissement. Pour ces derniers, il ne s’agit plus aujourd’hui de regarder simplement les performances financières des fonds : de nouvelles exigences sont en train d’émerger en termes de types d’instruments financiers, de critères d’analyse des entreprises, et de transparence sur la méthode de sélection. Il semble que les particuliers soient de plus en plus sensibilisés à l’impact final de leur investissement sur la société : quelle est l’utilité sociale de cet investissement ?  Comment ce dernier ce traduit-il concrètement au niveau environnemental ? Selon quel mode de gouvernance fonctionnent les entreprises présentes dans leur portefeuille ? On assiste donc bien à l’émergence de l’ « épargn’acteur », désireux de comprendre dans quoi il investit.

Afin d’apporter cette transparence aux particuliers qui souscrivent à un fonds ISR, il nous semble fondamental d’expliquer l’ensemble de la démarche sous-jacente: cela exige une communication régulière sur la méthodologie adoptée (quel est le processus interne de sélection d’une entreprise pour un fonds ISR ?), un compte-rendu régulier sur les principaux enseignements tirés des analyses sectorielles et thématiques, ainsi qu’un reporting complet sur les performances financières et extra-financières des fonds ISR.

En ce qui nous concerne, nous avons essayé de multiplier les possibilités d’accès à ces informations et de contacts avec les analystes. Chaque année, nous publions un rapport d’activité de nos gestions éthiques. D’autre part, nous pensons qu’il est enrichissant d’organiser des réunions d’information auprès de nos clients : nous y présentons la synthèse d’un secteur récemment analysé, en décrivant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux, puis en comparant les politiques adoptées par les entreprises. C’est alors l’occasion de débattre et d’échanger sur des sujets en constante évolution.
Enfin, pour aller plus loin dans notre politique de transparence, nous améliorons la diffusion des informations par internet. Nous avons déjà rendus accessibles nos différents rapports annuels et compte-rendus des fonds sur notre site Meeschaert.com ; nous avons désormais pour projet de créer un nouveau site, spécialement dédié à notre gestion éthique : Meeschaertisr.com. 

A propose de Meeschaert, lire aussi :

Les dessous de l’ISR : comment vit un fonds éthique

Ethique et Partage, le fonds ISR du CCFD : 100% éthique et solidaire


Publié le 2/10/2009    Imprimer ce contenu    Envoyer cet article par email

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