Avoir des valeurs en pleine crise peut sauver la performance
Les fonds isr sont-ils plus ou moins performants que d’autres fonds ? La question a souvent été posée, rarement tranchée. L’étude réalisée par la recherche UFG-LFP en novembre 2009 apporte un nouvel éclairage sur ce sujet, en proposant une nouvelle méthode d’analyse.
A l’origine de ce débat, une affirmation théorique issue de la pensée de Milton Friedman, appliqué à la « finance de marché » : un portefeuille sur lequel on applique un filtre réduisant l’univers d’investissement devient un portefeuille sous-optimal (comprenez de rendement moindre).
A l’opposé, une approche en termes de risques tend à signifier le contraire : une entreprise qui internalise volontairement les coûts externes (environnement, employés, clients, fournisseurs) et prend en compte la dimension de moyen-long terme réduit ses risques sur la durée. Le portefeuille ainsi composé ne serait donc pas nécessairement sous performant.
Si la littérature n’a pas réussi à trancher sur ce sujet, peut-on dire que l’expérience vaut pour preuve ? Pas mieux, malheureusement. Les études contradictoires se succèdent, mettant en avant la difficulté de comparer des fonds très hétérogènes, et des biais de gestion importants. Au mieux, les résultats sont non significatifs, et ne permettent de tirer aucune conclusion probante.
Alors comment l’étude UFG-LFP peut-elle lever ces biais pour aboutir à un résultat de surperformance des fonds ISR ?
Comme disait Albert Einstein, « on ne résoud pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré »…les équipes d’UFG Sarasin (ex Sarasin AM France) a donc appliqué une toute autre méthode depuis 2005 qui sert de référence à l’étude.
Les analystes ont plutôt choisi de comparer des portefeuilles de 50 valeurs sélectionnées exclusivement sur des critères ISR. D’un coté, les meilleurs de la classe (best in class), de l’autre, les pires (worst in class).
Afin d’éviter les biais, les deux portefeuilles sont équipondérés (méthode unique et constante dans le temps et dont les historiques sont effectivement disponibles) et composés à partir des memes secteurs et du meme univers de capitalisation. 50 meilleurs valeurs ISR ont donc été comparés aux 50 moins bonnes.
Les résultats parlent d’eux-mêmes
La méthode retenue a permis d’afficher les résultats suivants :
Note moyenne du meilleur de l’ISR : 1,40/2
Note moyenne du pire de l’ISR : 0,75/2
Note moyenne de l’indice de référence (EuroStoxx300) : 1,05/2

Le rendement positif du meilleur de l’ISR sur la période étudiée est supérieur à son benchmark, même en période de crise aigue (2007-2009). Au contraire, le pire de l’ISR sous performe nettement, et plonge particulièrement pendant la crise.

Que faut-il en retenir ?
Que non seulement choisir des entreprises sur des critères extra-financiers n’altère pas la performance financière, mais qu’écarter les valeurs les plus éloignées de ces critères permet aussi d’améliorer les profils de rendement/risque.
L’étude complète est consultable ici :
http://www.groupe-ufg.com/fileadmin/docs/etudes/etude-recherche-200911.pdf
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