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Contre les excès de la City, la Taxe Tobin refait surface

Contre les excès de la finance, on ressort les vieilles recettes

La taxe Tobin a été suggérée la première fois en 1972 par le lauréat du “prix Nobel d’économie” James Tobin. Elle propose une taxation des transactions monétaires internationales afin de désinciter à la spéculation. Le taux choisi serait de 0,05 % à 1 %.

L’idée, portée par des mouvements de gauche, mais surtout par ATTAC (L’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne) il y a quelques années, n’avait pas rencontré l’écho espéré en dehors des milieux militants. Si ce n’est la France, la Finlande, la Belgique et quelques autres pays qui se sont engagés à l’appliquer si toute la zone Euro l’approuvait, le succès de l’idée est resté confiné.

Aujourd’hui, plus surprenant, c’est le président de la Financial Services Authority (FSA, le gendarme des banques britanniques), Lord Adair Turner, qui remet l’idée d’une taxe sur les transactions financières au gout du jour ! A Londres, cette annonce a même eu l’effet d’une bombe dans les médias. Les critiques virulentes contre l’utilité sociale de l’activité des banques et les primes excessives touchées par leurs opérateurs de marché (les traders) en ont surpris plus d’un.

La City « hypertrophiée »

Dans une interview au magasine « Prospect »,  Adair Turner annonce au monde entier que « si vous voulez faire cesser les rémunérations excessives, vous devez réduire la taille du secteur financier ou appliquer des taxes spéciales sur ses bénéfices ». Il ajoute à cela que « la dérégulation financière caricaturale » des dernières décennies a rendu la City « hypertrophiée ».

Quitter Londres…pour rejoindre New York

La finance, on le sait, ne fonctionne qu’en mode international. Comment dès lors appliquer des mesures locales ou nationales et penser qu’elles suffiront à réguler le système ? Dès l’annonce des propos du président de la FSA à Londres, le spectre des délocalisations des traders a été a nouveau agité. S’ils ne pouvaient plus exercer leurs fonctions sans entraves, ils pourraient envisager de déménager à New York, Zurich ou Dubaï.

Certes, ce n’est pas pour demain qu’une loi telle que la taxe Tobin pourrait voir le jour. Mais l’idée continue de suivre son cours dans les esprits…


Publié le 28/08/2009    Imprimer ce contenu    Envoyer cet article par email

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