Grand basculement du marché de l’ISR en 2008
L’ISR, plus fort que les marchés ?
« En ces temps de crise, connaitre mieux le contenu de son portefeuille, c’est pas plus mal». D’après Anne-Catherine Husson- Traoré, directrice générale de Novethic, le marché français de l’ISR a des arguments palpables en ces temps incertains.
Au cours de la présentation des résultats de son étude annuelle, Novethic annonce ce jour que les encours ISR ont atteint près de 30 milliards d’euros en 2008, soit une hausse de 37% par rapport à 2007. En période de crise, l’ISR dément donc les anticipations négatives, qui prévoyaient une désaffection des gestionnaires, voire une décollecte massive des investisseurs.
Les investisseurs institutionnels se sont positionnés encore plus largement sur l’ISR en 2008. Ont-ils été séduits par une vision de long terme, la maitrise des risques et une plus grande transparence dans le contenu des portefeuilles ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 75% du marché leur appartient, avec 22,5 milliards d’euros d’encours ISR, soit une hausse de 54% par rapport à l’année précédente.
Pour Dominique Blanc, qui a dirigé l’étude, « c’est un signe très encourageant pour l’ISR. La crise a eu un effet d’accélération, et ses effets négatifs ont été plus que compensés par les nouvelles collectes et les conversions de fonds classiques en fonds ISR. »
Les fonds ISR obligataires et monétaires sont les grands gagnants de cette saison, et profitent de la chute des marchés actions pour s’imposer pour la première fois majoritairement auprès des investisseurs. Les obligations affichent une croissance de 50% et le monétaire a plus que quadruplé en un an. Ces deux classes d’actifs représentent les deux tiers des encours ISR à fin 2008.
Les tendances de demain dans l’ISR
Selon Novethic, l’ISR pourrait opérer une diversification vers le private equity, les investissements immobiliers (SCPI), et se développer sous d’autres formes encore. Le processus amorcé avec le succès des fonds obligataires soulève de nouvelles questions sur l’évaluation des états, entreprises publiques et acteurs différents du secteur privé.
A défaut de revenir sur l’éternel débat sur la performance financière de l’ISR, Novethic préfère parler des émules de la gestion ISR au sein de la gestion classique. Les « labos ISR » seraient-ils le lieu où se testent aujourd’hui les méthodes de gestion de demain ? Pour Novethic, la question est loin d’être sans intérêt. La réponse se chiffrerait déjà en milliards d’euros.
Restent les particuliers, éternels oubliés sur le chemin des placements responsables, auprès de qui une vraie impulsion doit être donnée. Le travail de communication et d’éducation que cela suppose implique de la part des réseaux bancaires un effort plus soutenu. Sachant que ces derniers ne sont pas toujours aguerris aux principes mêmes de l’ISR, on imagine aisément les efforts à fournir…
Conscient de ce besoin, Novethic espère jouer un rôle pour appuyer cet effort de diffusion auprès du grand public. Rendez-vous est donc pris en septembre afin de présenter le premier label ISR en France et les fonds lauréats.
Retrouvez l’étude complète de Novethic:
http://www.novethic.fr/novethic/upload/etudes/Synthese_marche_ISR_2008.pdf
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