Donnons du sens à notre croissance
La formule pour calculer le bonheur n’a pas encore été trouvée…mais la croissance aura désormais une conscience ! En annonçant la création d’un groupe d’experts avec à sa tête deux prix Nobels d’économie, le Président relance le vieux débat sur la pertinence des indicateurs de richesse.
Dans un article sur les placements obligataires, nous nous étions demandé comment les agences de notation pouvaient juger des performances d’un état avec de nouveaux indicateurs autres que le PIB.
Dans sa conférence de presse à l’Elysée hier, le président a porté attention à cette question en confiant une mission de conseil sur les instruments de mesure de la croissance à des personnalités étrangères issues du monde économique.
Deux têtes pensantes…et rebelles
Amartya Sen, un Indien prix Nobel d’Economie en 1998, distingué dans son travail sur la question du bien-être en économie, ainsi que Joseph Stiglitz, prix Nobel américain proche des altermondialistes, ont accepté le rôle de conseillers dans cette mission.
Alors que Sen a inventé des méthodes pour mesurer la pauvreté, il a aussi contribué à la création de l’Indicateur de développement humain (IDH), qui mesure la pauvreté en fonction de la santé, du niveau d’éducation et du niveau de vie.
Stiglitz, outre une carrière exceptionnelle en économie, s’est fait remarquer en critiquant ouvertement la Banque Mondiale (dont il a préféré démissionner de son poste en 1999), le FMI et la politique de George W. Bush. Son ouvrage « La grande désillusion », devenu best seller a travers le monde, a inspiré les thèses des altermondialistes.
La critique du PNB comme seul instrument de mesure de la richesse d’un pays ne date pas d’aujourd’hui : dans les années 70, on stigmatisait déjà un indice peu enclin à prendre en compte la rareté des ressources naturelles, par exemple. Comment, en effet, expliquer que les conditions de vie dans les pays riches ne s’améliorent pas au prorata du PIB ? Comment expliquer encore la misère dans un pays développé dont les richesses ne cessent de croitre ?
La qualité et la quantité
Si l’on considère que la richesse d’un pays tient aussi au bien-être de ses habitants, alors une modification de la comptabilité nationale pourrait permettre de prendre en compte ce qui n’est pas mesuré aujourd’hui : la rareté des ressources naturelles comme l’eau, le bien-être des habitants d’un pays… La notion de développement durable prendrait alors tout son sens. Une économie qui se doterait d’indicateurs économiques, sociaux et environnementaux pour calculer sa richesse serait en effet…plus durable !
Imaginons un instant que vous deviez définir les critères d’un nouvel indice de développement pour la France, quels indicateurs choisiriez-vous ?
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